Le gouvernement Suédois en passe de donner à la police, aux douanes et à l’administration l’accès en temps réel aux téléphones, mails et plus de ses citoyens

Les citoyens Suédois vont voir leurs appels téléphoniques et leur traffic email sous écoute en temps réel non seulement par l’équivalent suédois de la NSA, mais aussi par la police, les douanes, l’administration fiscale, et d’autres. Ces plans ont été révélés aujourd’hui par le magazine Ny Teknik, provoquant un séisme parmi les activistes des droits des citoyens. Cela fait suite au changement de loi précédent qui donnait à l’équivalent de la NSA suédoise, la FRA, un accès en temps réel à tout le trafic Internet qui passait par le pays – mettant sur écoute tout le monde sans aucun mandat.

En contournant l’ensemble du processus législatif et tout aspect démocratique, la police suédoise demande sciemment des accords avec les opérateurs télécom pour lui donner à elle et à d’autres administrations suédoises un accès direct et en temps réel aux données des appels téléphoniques, aux échanges de mail, et plus encore. Ce n’est pas une pente glissante vers une société Orwellienne : c’est un glissant précipice.

Nous avons officiellement dépassé l’étape où la “sécurité nationale” (et l’argument écoeurant et omniprésent de la pédopornographie et du terrorisme) était utilisée pour justifier la surveillance globale de toute la population sans mandat. Nous sommes arrivés à un point où la police justifie la suppression de pans entiers de libertés des citoyens avec rien de plus que “parce que ça peut être fait, et que nous le voulons”.

Les administrations qui obtiendraient un accès direct en temps-réel à la plupart des communications ne sont pas seulement la police, mais aussi les bureaux de douane, et l’administration fiscale (!!).

Une différence majeure entre une démocratie qui fonctionne et un état policier est, que dans une démocratie qui fonctionne, la police n’accède pas à tout ce qu’elle veut. Alors que la frontière entre les deux est sans doute une zone d’ombre assez large et sujette à beaucoup de polémiques, on ne peut raisonnablement plus affirmer que les pouvoirs de la police sont sous-contrôle et équilibrés.

Selon l’article du Ny Teknik, suivi par beaucoup d’autres dans les anciens médias suédois, cela ne concerne pas juste les données en temps-réel des appels téléphoniques et des emails que la police demande. D’autres choses sont comprises dans le package de surveillance globale proposé:

  • Comment les factures sont payées – cash, crédit, virement. Si c’est une carte de crédit, laquelle, et si c’est un virement, depuis quel compte bancaire.
  • Le code PUK de l’abonné, permettant à la police d’activer la carte SIM d’un téléphone sans le code PIN de l’abonné.

Il y a des allusions dans l’article que beaucoup d’autres éléments pourraient être compris par l’enregistrement en temps réel, se référant à un standard d’écoute nommé ITS27.

The only telecom operator to say a blank never, this is completely unthinkable to the Police demands is the Swedish Tele 2.
Le seul opérateur telecom à dire clairement que c’est complètement impensable et qu’ils ne répondront jamais aux demandes de la police est le Suédois Tele 2.

Le fait que le gouvernement Suédois ne licencie pas immédiatement tout le personnel de police demandant cette abolition sans concession des droits des citoyens est pratiquement un consentement au projet – parfaitement en accord avec la très critiquée loi suédoise FRA qui a légalisé la surveillance globale en premier lieu.

Traduit par Michel Amorosa

Rick Falkvinge

Rick is the founder of the first Pirate Party and a low-altitude motorcycle pilot. He works as Head of Privacy at the no-log VPN provider Private Internet Access; with his other 40 hours, he's developing an enterprise grade bitcoin wallet and HR system for activism.
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